histoire de l'identité

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"J'avais presque oublié que j'étais née musicienne aussi... Musique et identité dans Histoire de ma vie de George Sand"

"J'avais presque oublié que j'étais née musicienne aussi... Musique et identité dans Histoire de ma vie de George Sand"

Histoire de ma vie, le récit de la première expérience de la comédie à La Châtre, lorsqu’une troupe de comédiens ambulants qui donnaient l’opéra-comique réveilla la passion théâtrale et musicale d’Aurore. La formule pourrait n’être qu’une transition à l’intérieur du récit, destinée à rappeler sur le mode majeur le thème musical exposé dès les premiers chapitres. La phrase possède pourtant un caractère d’étrangeté qui la rend signifiante sinon révélatrice. Surgissant au beau milieu des souvenirs d’enfance, elle assigne au moi son essence : l’identité relèverait de l’inné, se confondrait avec le don musical. Aurore-George appartiendrait par quelque prérogative de la naissance à l’aristocratie des musiciens. Mais le constat d’un oubli partiel de cette origine rappelle aussi l’échec de l’éducation musicale d’Aurore confiée à un mauvais maître. Elle place dès lors la musique, dans la vie de George Sand, du côté de la promesse non tenue. La phrase insiste sur la réception des compositions d’autrui, remplaçant l’exécution. De la musique que l’on joue à celle que l’on écoute, Histoire de ma vie trace le passage d’un mode d’expression à un autre et d’une identité oubliée à une identité trouvée : de musicienne à romancière. Or, dans cet écart identitaire entre le moi musicien et le moi écrivain se joue l’existence [p. 144] même du texte autobiographique, né du choix de la littérature. En outre, la phrase, dominée par la première personne, rappelle que l’entreprise autobiographique est fixation de son être dans le monument du texte. Mais ici, la première personne aussitôt surgie rencontre autrui – la grand-mère, qui est « aussi » musicienne, et « les autres » artistes, les compositeurs. La formule esquisse une tension qui gouverne Histoire de ma vie : entre écriture de soi et tissage des liens humains, élaboration d’un « moi » façonné par les mots et effacement de ce moi dans le partage et l’écoute.
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Les Français d'Algérie : socio-histoire d'une identité

Les Français d'Algérie : socio-histoire d'une identité

comme le précise Claudine Attias-Donfut, « tout groupe a une histoire et construit son identité à travers sa mémoire collective (…). » 21 Particulièrement intéressante lorsque l’on s’intéresse à la population des Français d’Algérie, celle que propose Joël Candau, entre les mémoires faibles et les mémoires fortes. « Une mémoire faible est une « mémoire sans contours bien définis, diffuse et superficielle qui est difficilement partagée par un ensemble d’individus dont l’identité collective est, par ce fait même, relativement insaisissable ». En revanche, une mémoire forte est « une mémoire massive, cohérente, compacte et profonde qui s’impose à la grande majorité des membres d’un groupe, quelle que soit sa taille, tout en sachant que la probabilité de rencontrer une telle mémoire est d’autant plus grande que le groupe est restreint. Une mémoire forte est une mémoire organisatrice, en ce sens qu’elle est une dimension importante de la structuration d’un groupe et, par exemple, de la représentation qu’il va se faire de sa propre identité » 22 . Pour illustrer cette distinction entre mémoires faibles et mémoires fortes, Joël Candau en appelle à Maurice Halbwachs, lorsque celui-ci affirme que, « tandis qu’il est facile de se faire oublier dans une grande ville, les habitants d’un village ne cessent pas de s’observer, et la mémoire de leur groupe enregistre fidèlement tout ce qu’elle peut atteindre des faits et gestes de chacun d’eux, parce qu’ils réagissent sur toute cette petite société et contribuent à la modifier » 23 . Dans de tels milieux, ajoute-t-il, « tous les individus se souviennent et pensent en commun » 24 . Les individus membrs d’un groupe ont ainsi le sentiment de partager la même mémoire. En effet, « les sociétés d’interconnaissance sont donc plus propices à la constitution d’une mémoire collective (…) que les mégalopoles anonymes » 25 . Dans le même sens, nous pourrions sans peine être amenés à considérer la mémoire des Français d’Algérie, à partir de leur arrivée sur le sol métropolitain, comme une mémoire forte et organisatrice, en ce sens qu’elle est à la base de la structuration du groupe, et de son existence même. En quittant l’Algérie pour la France, la mémoire des Français d’Algérie aurait mué de « mémoire faible » à « mémoire forte », entraînant par ce mouvement même une prise conscience par le groupe de sa dimension collective. Ainsi, éparpillés sur le territoire algérien, vivant en ville ou dans le bled, originaire de différents pays d’Europe, les Français d’Algérie, nous le verrons, étaient
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Histoire de la gastronomie québécoise : l’émergence d’une identité culinaire

Histoire de la gastronomie québécoise : l’émergence d’une identité culinaire

identité. Ainsi donc est né ce projet de mémoire pour retracer l’histoire de la gastronomie québécoise dans les cuisines professionnelles. Le panorama alimentaire a connu toute une métamorphose depuis trois décennies. Le retour à une cuisine inspirée de traditions et de produits frais est marquant. Aujourd’hui, il faut réserver des jours, voire des semaines ou même des mois à l’avance, pour obtenir une table dans l’établissement d’un chef québécois. Je pense notamment à la Cabane à sucre Au Pied de cochon de Martin Picard dont les listes d’attente ont de quoi décourager les plus gourmands. La gastronomie québécoise est à cheval entre modernité et tradition. Chefs et producteurs ne cessent d’innover tout en puisant dans les souvenirs culinaires de notre enfance. Les Québécois sont de plus en plus friands d’une alimentation qui leur ressemble et ils ont intégré à leur discours la mise en valeur d’une cuisine propre au Québec. Les potagers familiaux, les jardins communautaires et les jardinières de balcon ont d’ailleurs repris du galon. La popularité des paniers de fruits et légumes livrés par les fermiers de famille est grandissante, tout comme les poulaillers maison qui permettent d’avoir des oeufs frais à portée de main 1 . Cette effervescence se traduit également dans les marchés publics et les marchés de Noël. Il y a sans contredit une préoccupation pour la fraîcheur des aliments, l’authenticité des ingrédients et l’achat local. C’est une question de goût, de qualité, mais aussi de conviction écologique. Ce regain culinaire et le nouveau discours qui l’accompagne touchent aussi bien les gourmets, les environnementalistes, que les adeptes du comfort food et du slow food. Cet engouement se canalise dans les épiceries fines et spécialisées, les circuits gastronomiques, les émissions de cuisine, les livres de recettes, les festivals gourmands, les restaurants et la cuisine de rue. Bref, il y a de quoi réfléchir sur notre société à travers cette évolution de notre alimentation qui est en grande partie le fruit du travail des chefs, de véritables porte-étandards de la gastronomie québécoise.
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Identité des Africains-Américains d'Atlanta : entre mémoire et histoire

Identité des Africains-Américains d'Atlanta : entre mémoire et histoire

toujours l’Euro-Américain, celui qui crée les maux, mais en délivre aussi ; alors que les faits historiques montrent le contraire. L’exemple du Chemin de fer Clandestin dont Harriett Tubman est l’une des grandes héroïnes, permet à des milliers de Noirs de s’évader et de partir vers le Canada ou d’autres contrées. On parle d’Abraham Lincoln comme du fervent héros de l’abolition de l’esclavage, or, si on lit ses écrits, il dit bien lui-même que l’abolition avait pour seul but de sauver l’Union et non la libération des esclaves (dans N. Bacharan 1994). Pourtant, il eut des enfants avec l’une de ses esclaves qu’il semblait aimer. Le Nord fait de l’abolition une de ses batailles, simplement en raison des rébellions qui ont eu lieu et du commencement de la révolution industrielle (E. Lincoln ibid, G. Balandier 1983). Dans les années 1960, les frères John et Bob Kennedy, qui étaient les figures de la voix vers l’intégration, ont montré à bien des égards que le problème noir était un dossier de verbatims politiques et surtout symboliques. Pourtant, les frères Kennedy demeurent les héros historiques et légitimes acceptables pour des Noirs et pour les Blancs (R. Brown 1970). Les victimes, véritables héroïnes de cette histoire, furent le plus souvent les personnages secondaires dans cette invitation au voyage en enfer. Si les Africains avaient
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Identité, culture, et communication

Identité, culture, et communication

L'Histoire fonde la culture de deux façons : parce qu'elle assure une mémoire collective, et parce qu'elle est l'histoire de l'identité "contre" les autres. Il me faut faire un arrêt rapide sur la guerre. En Europe, nous avons connu trois types de guerre, qui ont donné lieu chacun à un usage bien particulier de la communication, qu'on appelle en ce cas "propagande", mais qui permettent d'articuler les trois notions phares de cette matinée. Ce sont d'abord les guerres "civiles" : la guerre civile est perçue, vécue, comme une addition de meurtres, d'où son inimaginable violence qui la rapproche de ce qu'on nomme "crime passionnel". La guerre civile, comme le crime passionnel, se vit "en famille" ou du moins entre amis : cela se passe à l'intérieur d'une "communauté". Ce sont ensuite les guerres "étrangères". La guerre extérieure, contre l'étranger, est d'abord et fondamentalement "politique" : elle dresse des nations les unes contre les autres, mais, d'une façon certaine, elle "soude" ces nations, affirme leur identité. Ce sont enfin les guerres de décolonisation (où l'usage massif des médias servait d'abord à
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La distribution e-cinéma en France (2015-2018) : histoire, identité(s), perspectives sectorielles et enjeux nationaux d'une modalité de sortie en ligne

La distribution e-cinéma en France (2015-2018) : histoire, identité(s), perspectives sectorielles et enjeux nationaux d'une modalité de sortie en ligne

La promotion des Enquêtes du département V : Miséricorde s'accompagne d'un travail de communication autour du e-cinéma, consistant à le présenter, en premier lieu, comme un modèle[r]

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Histoire, identité et nationalisme japonais dans les films de Kurosawa Akira (1950-1990)

Histoire, identité et nationalisme japonais dans les films de Kurosawa Akira (1950-1990)

Le cinéma japonais est par conséquent, pour nous, un témoin « oculaire » des changements dans la quête identitaire japonaise que nous étudierons à travers la vie et la filmographie[r]

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Égalité et identité ne sont pas synonymes

Égalité et identité ne sont pas synonymes

de Cossette au cas de David Reimer est également surprenante. Elle ne semble pas avoir compris que la question soulevée ici n’a rien à voir avec la décision de maintenir ou non un pénis abimé. Il s’agissait plutôt de savoir, puisque le pénis a été amputé, s’il fallait élever l’enfant comme un garçon ou comme une fille. L’histoire de David Reimer n’est pas simplement un « triste résultat d’une série d’erreurs médicales et humaines » comme le prétend Cossette. Cette histoire met clairement en évidence que l’approche psychologique de l’époque soutenait que les différences intersexes ne relevaient que d’un « construit social », une position que Cossette semble encore défendre en niant du même souffle que le cerveau est sexuellement formaté avant la naissance.
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Archéologie et identité en Guadeloupe

Archéologie et identité en Guadeloupe

« Le temps antillais fut stabilisé dans le n é a n t d 'u n e non-histoire imposée » (Édouard Glissant, Le discours antillais). Les sociétés créoles des Antilles ont une histoire brutale faite d e ruptures, dans un temps court de quelques siècles. Les peuples autochtones amérindiens, à d e rares exceptions près, ont é té décim és par les Européens. À partir du XVII' siècle, les colons o n t im porté dans des conditions ignominieuses des esclaves africains vite devenus majoritaires dans la population. Après l'abolition d e l'esclavage (1848), de nombreux travailleurs on t ém igré des Indes orientales. Par la suite, Syro-Libanais e t Chinois ont encore accru ce métissage. L'arrivée récente d e nom breux métropolitains, attirés par le soleil e t la mer ou envoyés par leur administration, com plique encore c e tte ca rte dém ographique.
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Retisser identité et sens

Retisser identité et sens

Nos interventions, ainsi réalisées dans ce cadre adéquat et spécifique, pourra favoriser la transformation psychique de nos patients en restaurant la fluidité de leur histoire, tout en sachant que le dispositif thérapeutique que nous leur proposons provoquera, à son tour, de nouvelles crises mais cette fois, des crises mutatives, porteuses d’espoir d’un nouvel équilibre.

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Identité dominicaine et dévotions

Identité dominicaine et dévotions

S’il a le mérite de répondre aux appels répétés – mais insuffisamment entendus – des initiateurs de la présente enquête collective à l’ouverture sur d’autres horizons spirituels, le choix de l’ordre ne prétend pas à l’audace. Qu’apprendra-t-on encore de la contribution dominicaine à la promotion du Rosaire, dont les historiens du culte et des dévotions rappellent régulièrement le caractère emblématique 3 ? « Il est inutile d’insister sur l’appui que les Dominicains ont apporté aux confréries du Rosaire », estime-t-on même parfois 4 . Pourtant, ni l’automatisme de la référence, ni la fermeture d’un dossier considéré comme définitivement instruit ne constituent les preuves objectives d’un épuisement du champ des possibles. Si l’on connaît aujourd’hui le rôle assumé par les Dominicains dans la direction spirituelle de ces groupements de fidèles – encore que ce ne soit qu’au travers de textes normatifs et de la littérature spirituelle de l’ordre 5 –, il reste de la place pour bien des essais d’« histoire au ras du sol », seuls à même de révéler les logiques et les enjeux qui président à la circulation d’une dévotion constitutive de l’image d’un ordre religieux, au travers de ces groupements caractéristiques de la Réforme catholique que sont les confréries de dévotion. L’enquête, justement, reste à mener pour l’Auvergne du premier XVII e siècle, au-delà d’ailleurs des seules confréries du Rosaire 6 .
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De l'esclavage au multiculturalisme. L'anthropologue entre identité refusée et identité instrumentalisée

De l'esclavage au multiculturalisme. L'anthropologue entre identité refusée et identité instrumentalisée

Etats-nations, l’émergence de nouveaux mouvements ethniques, les processus de recomposition identitaire, etc. Dans le cadre de la problématique liée à cet ouvrage, je ne retiendrai que deux éléments venant alimenter la réflexion d’ensemble. D’une part, le multiculturalisme est pensé à partir d’un modèle statique, essentialiste et culturaliste de l’ethnicité, lui-même basé sur une conception idéalisée de l’indien, incarnation de la « vraie » altérité. Lorsqu’il s’applique aux populations « noires », le multiculturalisme érige les communautés rurales du Pacifique en seules porteuses de la nouvelle pluralité identitaire. La Caraïbe se trouve donc dans une situation intermédiaire ambiguë : plus tout à fait dans la logique de métissage, désormais assimilé à une idéologie et à un processus d’assimilation homogénéisant, mais ne correspondant pas non plus aux nouveaux critères du multiculturalisme, la trilogie « identité-communauté-territoire » n’ayant pas de sens, historiquement et socialement, dans la région. D’autre part, le nouveau discours multiculturel – tant de la part des politiques que de celle des chercheurs ou des militants ethniques – fonde en partie sa légitimité sur la négation de la place des « noirs » dans l’histoire colombienne. Ceux-ci n’apparaîtraient finalement que dans les années 1990, à un moment où ils sont exclusivement définis en termes ethniques : le concept d’ « invisibilité », utilisé pour qualifier le statut des populations « noires » avant 1991, rend compte de cette occultation du passé qui permet d’évacuer la question de l’esclavage. Cette logique d’inversion favorise ainsi l’émergence d’identités radicalement différentes (on passe du « noir » à l’ « afrocolombien », de la couleur à la culture, de la race à l’ethnicité) et l’absence ou la quasi absence de toute mémoire raciale ou ethnique de l’avant 1991. Finalement, ce qui est rendu « invisible », c’est bien plutôt la permanence de pratiques racistes ou racialisantes, les catégories raciales ne faisant pas partie de l’agenda politique et intellectuel.
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Le Zydeco : musique et identité ?

Le Zydeco : musique et identité ?

Les chansons d’amour : Il existe un nombre important de chansons d’amour dans le répertoire Zydeco. Alors que nous avons pris soin de les limiter dans notre corpus, il a été impossible de totalement les en exclure. La majorité des chansons font référence à des histoires d’amour et il en est de même dans les textes d’auteurs cadiens. Cette prolifération de chansons d’amour nous porte à croire que les Créoles s’identifient comme un peuple relevant d’un certain romantisme (un comportement sentimental, passionné). Il peut exister plusieurs raisons à cela. La langue française porte une connotation romantique, et il se peut que les langues créoles et cadiennes portent la même connotation. Mais une autre explication nous semble intéressante à creuser. Nous avons vu que les populations cadiennes et créoles partagent un certain nombre de traits culturels et de références communes. Une de ces références relève tout particulièrement du romantisme. Il s’agit du poème de Henry W. Longfellow : Évangéline 48 . Ce poème, que nous avons déjà évoqué plus haut, présente une belle histoire d’amour, dont le dénouement est tragique. L’auteur parle de la population acadienne, donc des ancêtres de Cadiens. Cependant nous émettons l’hypothèse que les cultures cadiennes et créoles, partageant un grand nombre de références culturelles, ont toutes les deux adopté cette histoire. Evangéline représente les Cadiens comme un peuple romantique, et ces derniers ont adopté cette histoire à la manière d’un mythe fondateur. A tel point qu’il existe en Louisiane une commune nommée Evangéline. Les Créoles ont alors fait de même et le romantisme que nous retrouvons dans nombres de chansons Zydeco serait selon nous une conséquence de l’identification de cette population à ce poème. On peut avancer d’autres explications quant à la récurrence des chansons d’amour dans le répertoire de la French Music louisianaise. En effet il s’agissait de chansons destinées à être jouées dans des bals, donc sur des lieux de rencontre des populations où pouvaient se nouer de
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Identité inclusive, identité exclusive Alexandrie et Qoumrân, deux stratégies d'identité juive dans l'Empire

Identité inclusive, identité exclusive Alexandrie et Qoumrân, deux stratégies d'identité juive dans l'Empire

Pourquoi et comment comparer ces deux groupes et les conceptions qu’ils se sont forgés de leur identité juive ? Une raison initiale, toute pragmatique, s’avère en fin de compte impérative pour l’historien : les circonstances de leur histoire comme celles de la transmission hasardeuse des textes, ont fait que nous avons conservé, de ces deux groupes, des écrits suffisamment nombreux et élaborés sur le sujet de leur identité juive. Dans le cas de la Communauté de Qoumrân, la définition de cette identité constituait en effet l’un des enjeux dogmatiques majeurs de sa différenciation et de ses querelles avec les autres courants du judaïsme contemporain. On comprend qu’elle ait eu le souci de la préciser, de la maintenir et d’en conserver par écrits les éléments de définition. S’agissant d’Alexandrie, le problème s’est trouvé posé d’une façon plus conjoncturelle mais aussi plus dramatique, à l’occasion des émeutes et des exactions dirigées contre les Juifs de la ville, dans une atmosphère de pogrome avant la lettre, au I er siècle de l’ère vulgaire : les « événements » de 38 à 41. C’est en réaction à ces persécutions que les dirigeants juifs d’Alexandrie, dont Philon au premier chef, ont été amenés à réfléchir à leur position dans la cité, dans la province et dans l’Empire, puis à la présenter aux autorités romaines.
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Globalisation et identité. Les mouvements sociaux

Globalisation et identité. Les mouvements sociaux

Dans d’autres cas, ça a raté, par exemple en Finlande. Les Suédois ont tout fait pour qu’il n’y ait pas d’identité finlandaise. Notamment ils ont interdit aux Finlandais d’apprendre à lire et à écrire. Ils l’ont interdit seulement aux paysans, mais les paysans étaient 99 % des Finlandais. Et donc, ça a raté pour toute une série de choses. Ensuite, au milieu du XIX e siècle, les Finlandais ont retrouvé leur mythe fondateur, les grandes légendes extraordinaires. Bien sûr que tout ça s’est construit, mais ça s’est construit parce qu’il y avait une paysannerie finlandaise qui parlait autrement, qui vivait autrement, qui disait autrement et qui surtout ne voulait pas faire la guerre. Et, chaque fois qu’il y avait les Suédois, les Russes et les Allemands qui arrivaient pour faire la guerre en Finlande, ils se cachaient dans la forêt et donc ça a créé une culture … au sens strict du terme ! Alors, il ne faut pas non plus idéaliser, les Finlandais ne faisaient pas la guerre mais quand on les a obligés, ils l’ont faite. Et en plus, ils se sont entretués entre eux-mêmes en 1918, dans une atroce guerre civile, qui a duré deux mois. Donc, il n’y a personne qui soit tellement bien dans cette histoire.
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Identité masquée

Identité masquée

l’argentique. Il est intéressant de voir que l’histoire encore brève de la prise de vue évolue avec le temps et crée cette identification possible d’une époque. Ces photographies ne sont plus miennes, effaçant donc mes proches, tout le monde pourrait trouver les mêmes chez soi. C’est encore une fois une façon de créer un contact intime avec le modèle, mais aussi de mener l’enquête, de glaner l’imag e et par la suite de l’analyser et la modifier. Ce lien, se crée par la parole, les anecdotes du passé de mes aïeux. En effet y sont mises en scène beaucoup de personnes aujourd’hui décédées ou d’enfant devenus l’adulte depuis lors. Cette production parle d’où l’on vient et de la construction de cette société masquée, de qui étaient les gens d’aujourd’hui qui ont créé ceux de demain. Comme dit Christian Boltanski , «  Nous sommes fabriqués de morts, que nos visages sont des puzzles de morts, de génération en génération.   89 » Nous cultivons alors une identité par le biais de l’histoire de nos prédécesseurs, existant aussi grâce à eux. «  Être artiste, c’est justement essayer de vivre avec les morts, de les faire revivre, tout en sachant pertinemment qu’il est illusoire de croire y parvenir. 90  » Par cette réutilisation des photographies de famille, et cette volonté de leurs donner une nouvelle vie, les détourner pour leurs offrir un sens différent, je travaille aussi sur la mémoire, la façon de la transcrire et la modifier.
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La musicologie en Europe aujourd'hui : quelle identité ?

La musicologie en Europe aujourd'hui : quelle identité ?

secondaire ont rarement un regard critique sur l’université. Cela entraîne une absence de dialogue avec l’autre. Et l’autre, dans la tradition européenne, ce n’est pas le musicien du conservatoire subitement chargé d’enseignement universitaire, mais le collègue du département de philosophie, d’histoire, d’histoire de l’art, etc. Autre solution adoptée par certains lorsque la taille critique ne permet d’envisager la survie que par la valorisation de compétences spécifiques : l’affichage d’une orientation. Ce choix est légitime, mérite même d’être défendu dans la mesure où il aurait pu s’accompagner d’une réelle réflexion sur musicologie et histoire contemporaine, musicologie et sciences cognitives, etc. Au lieu de cela, on assiste à une exacerbation du renfermement disciplinaire marqué par une propension à ne valoriser que ce qui relève d’un certain contemporain.
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Identité, organisation, institution

Identité, organisation, institution

considérable du nombre des fonctionnaires, de l'atténuation corélative des privilèges de leur statut, de la diversification croissante de leur recrutement : la conscience d'être fonctionnaire, avec ce qu'elle implique d'élément de différenciation négative mais aussi de part d'affirmation positive, a perdu beaucoup de sa substance, surtout à la périphérie et aux échelons subalternes de l'appareil. D'autre part, cet affaiblissement relatif est compensé par l'affermissement des identités administratives partielles, ce qui révèle une hétérogénéité accrue de l'appareil : l'esprit de corps tend de plus en plus à se localiser au niveau des sous- ensembles qui se partagent le territoire administratif ; et la transposition aux services publics de la démarche de projet traduit bien la volonté de renforcer leur identité. Comme dans le privé, la démarche de projet vise, dans le cadre d'un management participatif bien compris, à développer l'implication de chacun dans le fonctionnement du service ainsi qu'à favoriser l'intériorisation des valeurs qui sous-tendent son fonctionnement.
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Dire son identité politique

Dire son identité politique

clef sous la République. 48 Inversement, l’espace du discours de la droite est lui réduit et se rabougrit au fil des années 30. Le « je » donne à lui seul une dimension particulière au discours des leaders de droite. Plus loin, on peut montrer d’abord comment le discours de droite refuse un socle ou une identité « partisane » (il n’y a pas d’équivalent à droite au "nous les communistes, nous"). Montrer ensuite comment, l’identité sociale de la droite républicaine se trouve difficile à exprimer dans l’entre-deux-guerres. Flandin, président de l’Alliance démocratique, est explicitement le porte- parole des classes moyennes au début de l’entre-deux-guerres. Il tient un discours libéral qui s’adresse directement à la petite bourgeoisie capitaliste. Or on sait ce qu’historiquement il est advenu des classes moyennes avec la crise de 29.
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Cosmopolitisme et identité locale.

Cosmopolitisme et identité locale.

Ainsi, la difficulté majeure à laquelle se sont heurtés tous les gardiens de l’identité et du particularisme niçois, tient dans le fait qu'ils ont été constamment sommés dep[r]

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