Inégalités de l’accès de santé

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Réduire les inégalités d'accès aux savoirs en santé

Réduire les inégalités d'accès aux savoirs en santé

7 contexte français, tant du côté de la formation initiale des professionnels de santé que des cadrages institutionnels qui président aux développements de l’éducation thérapeutique du patient. Construit sur la base du cure beaucoup plus que sur le care (Rothier-Bautzer, 2013), notre système de santé rend désormais difficile le développement de l’ ETP en dehors des quelques structures qui y parviennent (depuis la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » de 2009, les professionnels doivent être tous formés à l’ ETP et doivent l’exercer dans le cadre de programmes validés par les agences régionales de santé). Ces mesures, dont la première ambi- tion visait à reconnaître la valeur de l’ ETP et à légitimer la formation de ceux qui la dispensent, sont aujourd’hui analysées comme des freins potentiels au dévelop- pement d’interventions éducatives dans une perspective de démocratisation sani- taire. Le dispositif NA-CO a été signifiant en France d’Outre-mer jusqu’à ce que les cadrages institutionnels qui ont suivi la loi HPST empêchent sa poursuite. Au vu du nombre croissant de personnes malades chroniques, de la pénurie de professionnels de santé dans certaines spécialités et dans certains lieux, les orien- tations qui présentent un intérêt selon certains points de vue gagneraient pourtant à être analysées selon les exclusions et les aggravations des inégalités de santé qu’elles produisent. Dans la lignée de travaux développés ailleurs, notre projet consiste à amplifier les interventions éducatives basées sur des principes d’équité, en respectant les priorités d’accès aux savoirs pour tous, d’intelligence des pratiques collaboratives, d’appui sur la sagesse locale et de contextualisation harmonieuse et durable des pratiques (Beauchamp et al., 2017).
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Evaluation des politiques publiques et inégalités sociales d'accès aux services de santé

Evaluation des politiques publiques et inégalités sociales d'accès aux services de santé

2. Cadre d’analyse : le renoncement déclaré comme outil d’analyse de l’accès aux soins Cette étude propose d’étudier les conséquences des barrières financières à l’accès aux soins sur l’état de santé à partir d’un indicateur de renoncement aux soins. Il s’agit d’un indicateur subjectif obtenu directement à partir de la réponse à la question suivante : « Au cours des douze derniers mois, vous est-il déjà arrivé de renoncer, pour vous-même, à certains soins pour des raisons financières ? ». Cet indicateur est rarement utilisé dans les analyses de l’accès aux services de santé. Pour évaluer les inégalités sociales d’accès aux soins, celles-ci s’appuient le plus souvent les données de consommation de soins issues des données de remboursement des caisses d’assurance maladie ou déclarées dans le cadre d’enquête en population. Dans la suite du texte ces mesures du recours basées sur la consommation observée seront qualifiées de mesures « objectives » du recours, même lorsque celles-ci sont issues d’enquêtes déclaratives, dans la mesure où l’objectif poursuivi est d’avoir une mesure exacte du niveau de recours des individus. Nous montrons ci- dessous en quoi le concept de renoncement peut adresser les questions d’équité d’accès aux soins, en quoi il permet une discussion plus fine des politiques de santé et enfin, comment, en intégrant le rapport à un besoin de soins, il permet de dépasser certaines limites dans l’interprétation des indicateurs d’inégalités sociales de consommation de soins basés sur des mesures objectives. Pourquoi approcher la question de l’équité d’accès aux soins au travers du renoncement aux soins alors que l’essentiel des travaux existants centrent l’analyse sur une mesure objective de la consommation de soins? L’équité d’accès aux soins est ici définie par le respect du principe d'équité horizontale, qui exige un traitement égal à besoin égal, et qui est aujourd'hui largement accepté pour juger de l'équité des systèmes de soins (Wagstaff, van Doorslaer, 2000 ; Fleurbaey, Schokkaert, 2009 ; Fleurbaey, Schokkaert, 2011). L’analyse des inégalités d’accès aux soins à partir de mesures objectives de la consommation de soins, telles que la dépense ou le volume de soins consommé, requiert donc de mesurer les inégalités de consommation de soins ajustées par le besoin de soins des individus (voir, par exemple, Wagstaff, van Doorslaer, 2000 ; Van Doorslaer et
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Assurance maladie complémentaire : régulation, accès aux soins et inégalités de couverture

Assurance maladie complémentaire : régulation, accès aux soins et inégalités de couverture

particulièrement élevés pour les individus qui font face à la maladie du fait de la multiplicité des tickets modérateurs d’une part (Briet et al. 2007 ; Debrand et Sorasith, 2011 ; Geoffard et Lagasnerie, 2012 ; Dourgnon et al., 2013), mais aussi des franchises et de la liberté tarifaire permise à certains professionnels de santé d’autre part (Franc et Pierre, 2016 ; Lagasnerie et al., 2015). L’accès aux soins est donc fortement dépendant de la souscription d’une complémentaire santé dont bénéficient près de 95 % de la population française en 2014 (Célant et Rochereau, 2017). Or, les niveaux de remboursements de l’assurance privée ne dépendent que de la qualité du contrat souscrit et donc de la prime associée. Par ailleurs, l’ajustement de la prime des contrats de complémentaire santé à l’âge des assurés rend coûteux, pour les individus les plus âgés et donc pour les plus malades, l’accès à une couverture offrant des niveaux élevés de remboursements. Ainsi, malgré l’existence de dispositifs publics pour les individus les plus pauvres (Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), Aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS)), le niveau des garanties offertes par l’assurance complémentaire dépend en priorité du revenu des individus, et non de leurs besoins de soins (Jusot et al., 2012). De par la nature même de l’assurance, le système privé introduit bien une certaine solidarité entre les individus bien portants et les malades, mais celle-ci se limite au champ d’un contrat et ne s’opère donc qu’entre les assurés couverts par un même contrat de complémentaire santé. Au regard de l’hétérogénéité des contrats et des stratégies d’écrémage et de segmentation des risques des assureurs, cette solidarité est donc relativement réduite en comparaison de celle attendue par l’assurance publique et peut potentiellement, dans une organisation assurantielle à deux étages, venir diminuer les effets mutualisants induits par l’assurance publique.
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Mobilité quotidienne et accès potentiel aux ressources urbaines : quelles inégalités sociales ?

Mobilité quotidienne et accès potentiel aux ressources urbaines : quelles inégalités sociales ?

1. Méthodologie 1.1 Les lieux d’activités issus d’un questionnaire spatial interactif Afin d’identifier les lieux d’activités des individus et de calculer leur potentiel d’accès aux équipements depuis leurs différents lieux d’activités, nous utilisons des données spatiales collectées grâce à l’application cartographique VERITAS (Visualization and Evaluation of Regular Individual Travel destinations and Activity Spaces ) . Cette application propose un support cartographique interactif permettant aux participants d’une enquête de localiser sur une carte leurs différents lieux d’activités. Développée pour les besoins de l’enquête francilienne RECORD (Residential Environment and CORonary heart Disease) par des chercheurs en géographie de la santé et en épidémiologie sociale (Chaix, Kestens et al., 2012), cette application est également utilisée dans des enquêtes de santé au Canada (Montréal), au Royaume-Uni (Londres) et en Nouvelle-Zélande (Auckland et Wellington). Les lieux d'activités des participants, une fois combinés dans un SIG avec d'autres informations spatiales, permettent de qualifier plus précisément les environnements auxquels les participants sont exposés et les équipements auxquels ils peuvent accéder à partir des lieux qu'ils fréquentent au quotidien.
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Santé 2010 
Les inégalités sociales de santé 
Rapport de l'atelier n°2

Santé 2010 Les inégalités sociales de santé Rapport de l'atelier n°2

C’est bien entendu, avant toute autre chose, l’égalité d accès au système de soins qu’il convient de préserver. L’égalité de santé en tant que telle n’existe pas. Des facteurs génétiqu[r]

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Politique de la ville et santé publique : une démarche locale pour la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé

Politique de la ville et santé publique : une démarche locale pour la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé

que chose à inventer, à travailler et je pense que dans de nombreuses vil- les, quartiers ou régions, aujourd’hui, il existe un savoir-faire sur la construction d’une proximité nouvelle avec les personnes en difficulté, qui permet aux professionnels de travailler autrement. L’accessibilité, j’en ai déjà parlé. L’accompagnement est quelque chose qui revient, comme nous avons pu le voir récemment dans les ateliers Santé-ville. Il s’agit d’une autre manière de parler de l’accès, c’est-à-dire que l’on ne peut plus se contenter de distribuer des ressources, d’orienter des per- sonnes ou de diffuser de l’information, mais il faut créer des chemins où les acteurs, les professionnels et les publics en difficulté vont pouvoir voyager ensemble dans un certain nombre de circuits qui sont plus dif- ficiles que d’autres. Je parle en particulier de celui de la santé mentale où il existe une sorte de focalisation sur la psychiatrie et ce que cela peut avoir de dissuasif ou de stigmatisant. Il existe alors un déni ou un refus d’agir ou de chercher des ressources sur son ressenti au regard de sa détresse. L’accompagnement permet de tracer le chemin aidant à tra- vailler sur cette question sans que les personnes se sentent projetées un peu durement vers des professionnels. La prévention est aussi un élé- ment qui, aujourd’hui, est en voie de réinvention par ce travail de proxi- mité, par ce travail local, par cette inventivité, qui s’est développée à tra- vers les démarches ateliers Santé-ville. À partir du moment où l’on pense processus, on cherche à quel moment les choses s’engrainent, à quel moment elles se déclenchent et comment on pourrait modifier ces logi- ques. Il est possible de le faire au niveau local et on a souvent du mal à le penser à une échelle plus large parce qu’à partir de là, on perd le contact avec les ressources et les logiques qui sont à l’œuvre très concrè- tement pour les personnes les plus en difficulté. Aujourd’hui, la préven- tion consiste en une expérimentation à l’échelle nationale sur tous ces quartiers avec des dispositifs mis en place pour modifier et sortir d’une vision déterministe des difficultés majorées que connaîtraient les popu- lations en difficulté sociale et vivant dans ces quartiers.
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Journées régionales «Société, santé, éducation» - Approche interdisciplinaire des inégalités sociales de santé à La Réunion

Journées régionales «Société, santé, éducation» - Approche interdisciplinaire des inégalités sociales de santé à La Réunion

1. Introduction Durant les cinquante dernières années, La Réunion a connu des mutations sociales importantes et rapides (Wolff, Watin, 2010) qui n’ont pas épargné les pratiques langagières orales et écrites. Les questions de santé publique se posent aussi de façon particulière du fait du nombre très important de personnes atteintes d’une maladie chronique eu égard aux possibilités de prise en charge éducative et préventive offertes sur l’île. Dans cet article, nous nous intéressons à des personnes adultes qui intègrent un réseau de santé et bénéficient de situations d’apprentissage complémentaires, en vue de permettre une amélioration de la compréhension des enjeux de la maladie chronique et de sa prise en charge quotidienne. La perspective est d’analyser les pratiques langagières de ces personnes au cours des situations d’apprentissage en tentant d’identifier ce qui relève des compétences en littératie en santé, à savoir l’accès à l’information, à la compréhension et à la prise de décisions (Nutbeam, 2008). La littératie en santé est considérée comme un atout à construire en vue d’une amélioration de l’état général de santé. L'absence (ou la quasi- absence) de pratiques scripturales pose un certain nombre de problèmes du point de vue des rapports au savoir et à la formation (Balcou-Debussche & Ledegen, 2003), mais les besoins d’accès à l’information, la compréhension et la décision restent constitutifs d’une part essentielle de la gestion quotidienne de la maladie chronique (Balcou-Debussche, 2006). Les enjeux sont donc importants, tant du point de vue des personnes concernées que du point de vue des structures et des sociétés dans lesquelles les dispositifs et les personnes s’intègrent.
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Inégalités sociales de santé en lien avec l’alimentation et l’activité physique

Inégalités sociales de santé en lien avec l’alimentation et l’activité physique

Conclusion Rejoignant d’autres synthèses de la littérature, il ressort de cette expertise que la plupart des interventions considérées séparé- ment ont des effets de santé souvent modestes, voire faibles, suggérant l’existence de facteurs lourds, multiples et difficilement modulables déterminant les pratiques de consommation alimen- taire et d’activité physique. Ces éléments suggèrent que seule une combinaison de politiques, conduite de façon pérenne sur le long terme, peut permettre d’atteindre de façon efficace des améliorations sensibles de l’état nutritionnel des populations. Une place à part et une importance particulière sont à réserver à l’enfant. De nombreux travaux issus de « l’épidémiologie bio- graphique » témoignent en effet de l’importance de la vie fœtale et de l’enfance sur la santé de l’adulte, qu’il s’agisse de diabète, d’obésité, de maladies cardiovasculaires. Le lien entre le milieu socioéconomique des parents et les comportements de santé des enfants a été bien établi. Le mode d’allaitement a des consé- quences sur le jeune adulte. Dans le domaine de la nutrition, c’est au cours de l’enfance qu’intervient le processus d’appren- tissage et de socialisation du goût. Les habitudes prises avant six ans se prolongeraient tant à l’adolescence que chez le jeune adulte, soulignant l’importance de promouvoir l’accès à une grande variété de nourriture dans la toute première enfance. L’enfance est une cible privilégiée pour les interventions autour de la publicité, comme cela a été rappelé et son importance justifierait un bilan à part.
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Dépense de santé et accès financier  aux services de santé : une étude  du renoncement aux soins

Dépense de santé et accès financier aux services de santé : une étude du renoncement aux soins

1. « […] alors que dès 1946, le préambule de la constitution proclame que « la nation garantit à tous la protection de la santé », en 1996 un Français sur quatre déclarait avoir renoncé à se soigner au moins une fois dans l’année pour des raisons financières. Face à ce constat, l’instauration d’une couverture maladie universelle doit permettre de passer du droit juridiquement affirmé à la santé, au droit, réellement exercé, de se soigner » On observe en France et comme dans la plupart des pays européens, tous pourvus de systèmes de santé socialisés, des inégalités sociales dans l’utilisation des services de santé, c’est-à-dire des différences de consommation de soins entre groupes sociaux à état de santé donné. Plusieurs travaux montrent que la fré- quence du recours au médecin et le nombre de visites ne sont pas identiques dans tous les groupes socio- économiques, même après contrôle par l’âge, le sexe et l’état de santé (par exemple Couffinhal. 2004, Raynaud 2005, Sirven 2011). En France 15,4 % des personnes vivant en ménage ordinaire déclarent avoir renoncé à des soins pour des raisons financières en 2008. Le taux de renoncement semble poser un diag- nostic concordant avec celui issu de l’analyse de la consommation de soins. Pourrait-il à ce titre constituer un élément d’analyse de l’équité de l’accès aux services de santé ?
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Les inégalités sociales de santé en France en 2006

Les inégalités sociales de santé en France en 2006

lement une diminution moins marquée de la mor- talité dans les groupes de professions manuelles Encadré 1 Difficultés méthodologiques pour la mesure et la comparaison des différences sociales de santé Les premières revues de littérature internationales ont montré la quantité d’études portant sur les inégalités de mortalité et la difficulté de comparer leurs résultats [36,37,38]. Les données en santé et l’enregistrement des décès diffèrent d’un pays à l’autre, voire entre les régions d’un même pays. La diversité des recueils statistiques et des outils de mesure utilisés constituent un premier obstacle à la comparaison des niveaux et écarts de santé (méthodes de collecte des données, codage des causes de décès, indicateurs de santé…). Les études comparatives se heurtent aussi à la diversité des critères rete- nus pour refléter l’appartenance sociale (revenus, instruction, profession, possessions…), qui ont chacun un rôle spécifique sur la santé à travers les déterminants de la santé qu’ils représentent plus particuliè- rement : conditions de vie en général, conditions de travail, connaissances des facteurs de risque ou des systèmes de soins… Ces critères sociaux ont de surcroît un sens différent selon les pays : les systèmes éducatifs ou les groupes de professions distribuent les populations sur un « gradient social » propre à chaque pays, voire à chaque époque dans un pays (évolution de l’accès à l’instruction ou des secteurs d’activité et professions). La comparaison des différentiels de mortalité ou de santé d’un pays à l’autre, nécessite non seulement l’utilisation de données comparables mais aussi une analyse de la « significa- tion » sociale, culturelle et administrative des groupes constitués ou encore de leur « place » relative dans l’organisation de la société.
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Assurance maladie complémentaire : régulation, accès aux soins et inégalités de couverture

Assurance maladie complémentaire : régulation, accès aux soins et inégalités de couverture

particulièrement élevés pour les individus qui font face à la maladie du fait de la multiplicité des tickets modérateurs d’une part (Briet et al. 2007 ; Debrand et Sorasith, 2011 ; Geoffard et Lagasnerie, 2012 ; Dourgnon et al., 2013), mais aussi des franchises et de la liberté tarifaire permise à certains professionnels de santé d’autre part (Franc et Pierre, 2016 ; Lagasnerie et al., 2015). L’accès aux soins est donc fortement dépendant de la souscription d’une complémentaire santé dont bénéficient près de 95 % de la population française en 2014 (Célant et Rochereau, 2017). Or, les niveaux de remboursements de l’assurance privée ne dépendent que de la qualité du contrat souscrit et donc de la prime associée. Par ailleurs, l’ajustement de la prime des contrats de complémentaire santé à l’âge des assurés rend coûteux, pour les individus les plus âgés et donc pour les plus malades, l’accès à une couverture offrant des niveaux élevés de remboursements. Ainsi, malgré l’existence de dispositifs publics pour les individus les plus pauvres (Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), Aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS)), le niveau des garanties offertes par l’assurance complémentaire dépend en priorité du revenu des individus, et non de leurs besoins de soins (Jusot et al., 2012). De par la nature même de l’assurance, le système privé introduit bien une certaine solidarité entre les individus bien portants et les malades, mais celle-ci se limite au champ d’un contrat et ne s’opère donc qu’entre les assurés couverts par un même contrat de complémentaire santé. Au regard de l’hétérogénéité des contrats et des stratégies d’écrémage et de segmentation des risques des assureurs, cette solidarité est donc relativement réduite en comparaison de celle attendue par l’assurance publique et peut potentiellement, dans une organisation assurantielle à deux étages, venir diminuer les effets mutualisants induits par l’assurance publique.
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I comme Inégalités territoriales de santé

I comme Inégalités territoriales de santé

Lorsqu’on s’intéresse aux inégalités territoriales de santé, on commence souvent par réaliser des cartes pour mettre en évidence les écarts de mortalité, de morbidité ou d’accès aux soins entre les quartiers d’une ville, les régions d’un pays, les pays d’une aire géographique. En France, on peut ainsi mentionner les différents volumes de l’atlas de la santé (par exemple Salem et al., 2006) ou l’atlas des pratiques médicales (Le Bail & Or, 2016). La réalisation de ces atlas nécessite de disposer de données localisées et collectées de façon exhaustive ou du moins représentative de l’ensemble de la zone étudiée : inventaire de l’offre de soins, registres de mortalité ou de morbidité avec les lieux de résidence des patients, relevés des consommations de soins avec les lieux de résidence et/ou de soins des patients etc. [Voir aussi « O comme Observatoire »]. Les cartes ne se suffisent cependant pas à elles-mêmes : l’identification des territoires où se concentrent les problèmes (‘hotspots’) peut être ardue « à l’œil nu » et les choix sémiologiques adoptés (méthode de discrétisation, jeux de couleurs) peuvent artificiellement amplifier les écarts entre les territoires. En complément des cartes, des méthodes (géo)statistiques telles que des mesures d’autocorrélation spatiale ou des analyses de variance s’avèrent alors utiles. Enfin, même si les cartes apparaissent comme un passage obligé avec la diffusion croissante des outils cartographiques et des données localisées, elles ne constituent qu’un outil parmi d’autres pour donner à voir les inégalités territoriales de santé. Les méthodologies qualitatives, comme par exemple l‘analyse des discours, représentations et récits d’expériences des patients, des soignants et des acteurs de l’action publique sont également des sources précieuses d’information pour identifier les territoires au sein desquels les besoins de santé et de soins sont les plus criants.
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Inégalités sociales de santé et nutrition

Inégalités sociales de santé et nutrition

Le gradient social de l’obésité En dépit d’une amélioration générale des conditions de vie et d’un recul de la mortalité précoce, d’importantes disparités persistent entre classes sociales en matière de santé en Europe. Elles ont même tendance à s’accroître en France. Elles traversent la société de part en part et sont la résultante d’inégalités sociales qui s’accumulent tout au long de la vie, en matière d’accès aux soins et à la prévention, mais aussi en matière de revenu, d’éducation, de logement, d’environnement, de travail et de modes de vie.
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Promotion de la santé et inégalités de santé en milieu étudiant

Promotion de la santé et inégalités de santé en milieu étudiant

Cependant 47% des ressources financières proviennent des bourses, contre 27% en moyenne nationale. Près de la moitié des étudiants vit avec moins de 400 euros par mois. Devant un tel constat de précarité et l’augmentation des dépenses de santé, les étudiants font des choix privilégiant le logement plutôt que les soins. Si le renoncement aux soins portait essentiellement sur des soins coûteux (dentistes ou opticiens), il porte aujourd’hui sur les soins de premier recours comme le médecin généraliste et l’accès aux médicaments, ainsi que la gynécologie. Ce renoncement concerne 1/3 des étudiants (45% à La Réunion) qui le justifient par un manque de temps et des raisons financières.
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Inégalités sociales de santé
et de mortalité en Europe : une revue des études comparatives

Inégalités sociales de santé et de mortalité en Europe : une revue des études comparatives

lement une diminution moins marquée de la mor- talité dans les groupes de professions manuelles Encadré 1 Difficultés méthodologiques pour la mesure et la comparaison des différences sociales de santé Les premières revues de littérature internationales ont montré la quantité d’études portant sur les inégalités de mortalité et la difficulté de comparer leurs résultats [36,37,38]. Les données en santé et l’enregistrement des décès diffèrent d’un pays à l’autre, voire entre les régions d’un même pays. La diversité des recueils statistiques et des outils de mesure utilisés constituent un premier obstacle à la comparaison des niveaux et écarts de santé (méthodes de collecte des données, codage des causes de décès, indicateurs de santé…). Les études comparatives se heurtent aussi à la diversité des critères rete- nus pour refléter l’appartenance sociale (revenus, instruction, profession, possessions…), qui ont chacun un rôle spécifique sur la santé à travers les déterminants de la santé qu’ils représentent plus particuliè- rement : conditions de vie en général, conditions de travail, connaissances des facteurs de risque ou des systèmes de soins… Ces critères sociaux ont de surcroît un sens différent selon les pays : les systèmes éducatifs ou les groupes de professions distribuent les populations sur un « gradient social » propre à chaque pays, voire à chaque époque dans un pays (évolution de l’accès à l’instruction ou des secteurs d’activité et professions). La comparaison des différentiels de mortalité ou de santé d’un pays à l’autre, nécessite non seulement l’utilisation de données comparables mais aussi une analyse de la « significa- tion » sociale, culturelle et administrative des groupes constitués ou encore de leur « place » relative dans l’organisation de la société.
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Les inégalités sociales de santé. Le positionnement du pharmacien d’officine

Les inégalités sociales de santé. Le positionnement du pharmacien d’officine

Les ISS ont plusieurs fois été reconnues comme étant une priorité politique et nationale mais les efforts ont souvent été centrés sur l’accès aux soins. Effectivement, selon l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) d’autres pistes peuvent être explorées, notamment une meilleure implication des professionnels de santé contre la réduction des ISS qui pourrait se traduire par une formation aux rapports entre les gradients social et la santé 1 . Dans cet esprit, quelle est la place du pharmacien d’officine dans cette démarche de diminution des ISS ? Comment peut-il apporter son soutien afin de répondre aux besoins d’une société ? Le pharmacien d’officine doit contribuer à la promotion de la santé publique et à la qualité des soins. Ses missions centrées autour du médicament, de sa dispensation et de son circuit dans l’offre de soins, ne doivent pas l’empêcher d’être acteur de la réduction des ISS mais, bien au contraire, placer sa responsabilité au cœur de cette démarche.
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Promotion de la santé et inégalités de santé en milieu étudiant

Promotion de la santé et inégalités de santé en milieu étudiant

Cependant 47% des ressources financières proviennent des bourses, contre 27% en moyenne nationale. Près de la moitié des étudiants vit avec moins de 400 euros par mois. Devant un tel constat de précarité et l’augmentation des dépenses de santé, les étudiants font des choix privilégiant le logement plutôt que les soins. Si le renoncement aux soins portait essentiellement sur des soins coûteux (dentistes ou opticiens), il porte aujourd’hui sur les soins de premier recours comme le médecin généraliste et l’accès aux médicaments, ainsi que la gynécologie. Ce renoncement concerne 1/3 des étudiants (45% à La Réunion) qui le justifient par un manque de temps et des raisons financières.
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Réduire les inégalités de santé : quand le dispositif reproduit l'exclusion ?

Réduire les inégalités de santé : quand le dispositif reproduit l'exclusion ?

Réduire les inégalités de santé : quand le dispositif reproduit l’exclusion ? La mise en réseau est-elle une stratégie intéressante pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins ? Nous proposons une réflexion issue de l’évaluation de deux réseaux de soins (prise en charge des difficultés de langage dans la petite enfance) dans une Région de France. Nous avons interviewé des membres et des usagers des réseaux (n=50). Les interviews retranscrites ont été analysées par codage ouvert et par herméneutique collective.

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Les inégalités territoriales de santé 
Une approche des bassins de santé

Les inégalités territoriales de santé Une approche des bassins de santé

19 ce rapport fait état de leur défaille pour l’une des premières fois. Malgré les dispositifs en place pour favoriser l’accès aux soins du plus grand nombre, l’état de santé de la population dépend toujours de leur appartenance à une classe sociale alors même que le système de Welfare est construit de manière à prévenir cette situation. Le Black Report et ses conclusions ont fait écho bien au-delà des frontières du Royaume-Uni : il est encore aujourd’hui cité comme la référence en matière de définition des inégalités sociales de santé. En 1986, la Charte d’Ottawa redéfinit le concept de santé et introduit des objectifs visant à améliorer les conditions de santé des populations notamment « combler les écarts de niveau de santé dans les sociétés et à lutter contre les inégalités dues aux règles pratiques de ces sociétés ». En 1998, le Acheson Report arrivera aux mêmes conclusions que celles énoncées dans le Black Report. Plus récemment le Marmot Review publié en 2010 arrive à des conclusions plus que similaires. Le Marmot Review met en avant la nécessité de garantir un revenu minimum décent afin de permettre à tous les ménages de disposer des ressources financières nécessaires pour « investir » dans sa santé. Il pose que seulement 20% de l’état de santé est le fait de causes biologiques et que les 80% restants sont le résultat de facteurs économiques et sociaux. Le rapport de 2010 met également en avant la nécessité de localiser l’action publique pour qu’elle soit au plus près des besoins de la population.
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Environnement social, incorporation biologique et inégalités sociales de santé

Environnement social, incorporation biologique et inégalités sociales de santé

2. La question de la responsabilité de la génération actuelle versus la génération future : un problème qui se pose est en effet de savoir quelle responsabilité a une génération sur la suivante, et donc de s’interroger sur la possibilité d’agir sur la population actuelle afin de protéger la génération à venir. Si les mesures proposées sont bénéfiques pour les deux générations, le problème sera moins aigu. Mais qu’en est-il si les mesures res- treignent les libertés d’une génération au profit de la suivante ? La santé étant une valeur parmi d’autres, la question est donc de savoir si, au nom de la santé, il est acceptable et juste d’agir contre les libertés d’une génération, ou certains de ses membres, au nom de la protection de la génération future (par exemple, la liberté de fumer pour une femme enceinte et les dom- mages induits sur son enfant). Un regard interdiscipli- naire, combinant le regard croisé des sciences humaines et sociales et des sciences fondamentales, est ainsi indispensable pour évaluer ces enjeux qui risquent, à l’avenir, de se poser de manière de plus en plus aiguë Chez l’homme, les données sont plus rares et évidemment non expé-
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